Jeune Haïti est un mouvement fondé à New York par de jeunes Haïtiens en exil opposés à la dictature de François Duvalier. Le 5 août 1964, sept mois après que Duvalier se soit proclamé président à vie, treize de ses membres débarquent à Petite-Rivière-de-Dame-Marie, Grand’Anse, à bord du yacht Johnny Express. Le groupe est composé de Max Armand, Jacques Armand, Gérald Brierre, Miko Chandler, Louis Drouin, Charles Forbin, Jean Gerdès, Réginald Jourdan, Yvan Laraque, Marcel Numa, Roland Rigaud, Guslé Villedrouin et Jacques Wadestrandt.
Leur objectif est d’ouvrir un second front de guérilla pour diviser les forces gouvernementales, déjà engagées contre le mouvement des Camokins de Fred Baptiste dans le Sud-Est. Pendant environ quatre-vingts jours, les treize combattants affrontent dans les montagnes de la Grand’Anse des centaines de soldats et de miliciens. Yvan Laraque est le premier tué, dans la zone de Chambellan.
Le 8 septembre, Gérald Brierre, Charles Forbin et Jacques Wadestrandt tombent à Dallest. Les frères Max et Jacques Armand sont tués le 14 septembre au Pic Formand. Les derniers survivants parcourent plus de deux cents kilomètres avant d’être encerclés à Ravine-à-Roche en octobre.
Marcel Numa et Louis Drouin, les deux derniers membres capturés vivants, sont jugés, condamnés à mort et fusillés publiquement le 12 novembre 1964. En représailles contre les familles des combattants, le régime déclenche les Vêpres jérémiennes : entre août et octobre 1964, des dizaines de membres des familles mulâtres de Jérémie sont exécutés par les Tontons Macoutes sur ordre direct de Port-au-Prince.

