Le 27 avril 1963, des forces de police haïtiennes et des miliciens encerclèrent l’ambassade de la République dominicaine, située dans le quartier de Delmas. Cette opération visait à capturer le lieutenant François Benoît, qui s’y était réfugié après avoir été accusé à tort par François Duvalier d’avoir orchestré l’attentat contre ses enfants la veille. Les investigations historiques confirmèrent ultérieurement que Clément Barbot était l’instigateur réel de cet acte. En l’absence de l’ambassadeur, le Chargé d’affaires dominicain dut gérer l’intrusion des agents dans l’enceinte diplomatique.
Cette violation de l’immunité territoriale provoqua une réaction immédiate du président dominicain Juan Bosch. Le 28 avril, il lança un ultimatum de vingt-quatre heures au gouvernement haïtien, exigeant le retrait des troupes. Pour appuyer cette exigence, Bosch mobilisa des unités de l’armée à la frontière et ordonna à l’aviation militaire dominicaine de survoler Port-au-Prince à basse altitude. Parallèlement, le régime duvaliériste organisa des manifestations populaires dans la capitale pour dénoncer les menaces d’intervention étrangère.
Sous la pression militaire et l’intervention de l’OEA, le gouvernement haïtien ordonna le retrait définitif de ses forces de l’ambassade le 30 avril 1963. Cet incident entraîna néanmoins une rupture totale des relations diplomatiques entre les deux nations. Les rapports officiels ne furent rétablis qu’en 1966, suite à l’accession de Joaquín Balaguer à la présidence en République dominicaine.

