En Haïti, les journalistes exercent leur métier sous une menace constante, pris en étau entre gangs armés et forces de sécurité, dans un contexte d’insécurité généralisée, selon des témoignages recueillis par l’UNESCO.
À l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, des professionnels des médias décrivent un environnement devenu « extrêmement dangereux ». D’après l’Observatoire de l’UNESCO, au moins 14 journalistes ont été tués dans le pays depuis 2021.
« Les gangs contrôlent plus de 80 % de la zone métropolitaine », explique Jean Daniel Sénat, collaborateur du Le Nouvelliste et de Radio Magik 9. Les déplacements sont limités, rendant difficile l’accès à l’information de terrain.
Même constat pour Oberde H. Charles, rédacteur au Le National, qui évoque des enlèvements récents et des restrictions majeures à la liberté de mouvement.
Entre soupçons des forces de l’ordre et méfiance des groupes criminels, les journalistes sont exposés à des risques permanents. Plusieurs ont été blessés, tués ou contraints à l’exil, tandis que des médias ont fermé ou quitté leurs locaux face à la violence.
Malgré tout, ces professionnels continuent de documenter la crise, estimant que l’absence d’information fiable mettrait en péril la population et la démocratie.

