Pierre François Joseph Benoît Rosalvo Bobo, dit Rosalvo Bobo (1874-1923), né en 1874 au Cap-Haïtien, fils d’Alexandre Bobo, riche négociant, est le petit-fils de Dieudonné Bobo, prince et grand maréchal d’Empire sous Soulouque.
Formé au Lycée Philippe-Guerrier, il part à dix-huit ans étudier la médecine à Paris, où il devient interne des hôpitaux et publie un traité remarqué, Les plantes médicinales d’Haïti. De retour au pays en 1898, il se distingue comme avocat, polémiste firministe et nationaliste convaincu.
Secrétaire d’État de l’Intérieur sous Davilmar Théodore (1914-1915), il prend en mars 1915 la tête d’une insurrection cacos contre le président Vilbrun Guillaume Sam. Le 5 mai 1915, monté sur un cheval, machette en bandoulière, il fait une entrée triomphale au Cap-Haïtien à la tête de son armée.
Adversaire du contrat McDonald et de la mainmise américaine sur les douanes, il est écarté de la présidence par l’amiral Caperton après le débarquement des Marines (28 juillet 1915), au profit de Dartiguenave. Exilé à Cuba, en Jamaïque, puis à Paris, il y meurt le 29 novembre 1929, fidèle à sa devise : « Je préfère mourir enveloppé dans mon drapeau que de servir l’étranger. »

