Le 17 mai 1956, des vagues de protestations étudiantes éclatèrent à Port-au-Prince contre le maintien au pouvoir du président Paul Eugène Magloire. Les manifestants contestaient la légitimité de son mandat, dont l’échéance fixée au 15 mai 1956 faisait l’objet d’interprétations divergentes.
Au Lycée Toussaint Louverture, les élèves arrachèrent le portrait présidentiel et scandèrent des slogans hostiles au régime. La police militaire et les soldats des Casernes Dessalines intervinrent violemment dans les établissements scolaires, brutalisant élèves et enseignants avant de procéder à de nombreuses arrestations.
Cette répression immédiate n’étouffa pas la contestation, qui s’étendit rapidement aux villes de Jacmel et des Cayes. Les protestations initiales des jeunes ouvrirent la voie à une mobilisation nationale par le biais de tracts et de grèves passives.
Ce mouvement étudiant ébranla l’administration répressive et initia la crise politique qui aboutit, en décembre 1956, à une grève générale et à la démission du président Magloire.

