Le 25 mai 1957, un affrontement éclata à Port-au-Prince au sein de l’Armée d’Haïti. Le général Léon Cantave, en rébellion, refusa de céder son commandement de chef d’État-Major au colonel Pierre Armand, nommé par le Conseil exécutif de gouvernement. Ce Conseil collégial de treize membres avait été créé en avril 1957 après la chute du président Franck Sylvain pour combler le vide institutionnel et organiser les élections générales.
Regroupant les délégués des principaux candidats à la présidence, ses divisions politiques internes finirent par paralyser son autorité. Les forces fidèles à Armand, regroupées au Camp d’Aviation, ordonnèrent alors des tirs d’artillerie en direction des Casernes Dessalines.
Ce conflit causa la mort de quatre militaires du camp Armand.
Parallèlement, des négociations politiques aboutirent le jour même à la désignation de Daniel Fignolé comme président provisoire, qui nomma le colonel Antonio Kébreau à la tête de l’armée. Le 13 juin 1957, Kébreau renversa Fignolé, instaurant un Conseil militaire de gouvernement.
Ce coup d’État fut suivi d’une violente répression et du massacre de milliers de partisans de Fignolé dans les quartiers populaires de la capitale, ouvrant la voie à l’élection de François Duvalier en septembre 1957.

