L’intelligence artificielle (IA) risque d’accentuer les inégalités mondiales si elle n’est pas accompagnée de politiques publiques fortes et inclusives, a averti le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans un rapport publié mardi.
Selon l’agence onusienne, les écarts entre les pays en matière de capacités technologiques, de développement humain et de gouvernance pourraient se creuser à mesure que l’IA transforme les économies. Le rapport souligne que si cette technologie offre un potentiel considérable pour stimuler la croissance et la productivité, ses bénéfices pourraient être concentrés dans les pays déjà les mieux préparés.
L’Asie-Pacifique, qui représente plus de la moitié des utilisateurs mondiaux de l’IA, se trouve au cœur de cette transformation. Des pays comme la Chine, Singapour et la Corée du Sud investissent massivement dans les infrastructures et les compétences liées à l’intelligence artificielle, tandis que d’autres peinent encore à garantir un accès généralisé aux technologies numériques.
Le PNUD s’inquiète également des conséquences sociales de cette révolution technologique. Les femmes et les jeunes figurent parmi les groupes les plus exposés aux risques d’automatisation, alors que les populations rurales et autochtones demeurent souvent sous-représentées dans les données utilisées pour entraîner les systèmes d’IA.
Le rapport met aussi en garde contre l’empreinte environnementale croissante de l’intelligence artificielle. Les centres de données, essentiels au fonctionnement de ces technologies, consomment d’importantes quantités d’électricité et d’eau, tout en augmentant la demande en minerais stratégiques comme le lithium, le cobalt et les terres rares.
Pour le PNUD, seule une gouvernance responsable permettra de faire de l’IA un levier de développement plutôt qu’un facteur d’aggravation des inégalités mondiales.

