Le 11 juin 1872, le capitaine de frégate allemand Karl Ferdinand Batsch, commandant les navires de guerre Vineta et Gazella, imposa un ultimatum au gouvernement haïtien dans la rade de Port-au-Prince. Ignorant délibérément les voies diplomatiques officielles, l’officier de l’Empire allemand exigea du président Nissage Saget le versement immédiat de 15 000 dollars, soit 3 000 livres sterling, afin de dédommager deux négociants allemands pour des pertes matérielles subies lors de guerres civiles antérieures.
Pour appuyer ses revendications par la politique de la canonnière, le capitaine Batsch captura par surprise deux navires de guerre haïtiens à l’ancre. Devant la menace directe d’un bombardement de la capitale, le gouvernement haïtien céda et régla l’indemnité par l’entremise d’une médiation du représentant britannique.
Avant de restituer les bâtiments saisis et de quitter les eaux haïtiennes, l’équipage allemand souilla les drapeaux nationaux haïtiens avec des excréments sur le pont. Cet affront marqua la première agression navale allemande contre Haïti, annonçant l’affaire Émile Lüders en 1897.

