L’exécution du 8 juin 1967 s’inscrira dans un climat de paranoïa extrême au Palais national, alors divisé entre deux clans rivaux menés par les gendres du président François Duvalier : Max Dominique et Luc-Albert Foucard. À la suite d’explosions à Port-au-Prince et de soupçons de coup d’État, dix-neuf officiers de la garde présidentielle, pourtant fidèles au régime duvaliériste et incluant le major Harry Tassy, furent arrêtés.
Accusés de complot et de mutinerie lors d’un procès expéditif aux casernes Dessalines, ils furent destitués et condamnés à mort. Avant leur exécution, les condamnés subirent une humiliation publique : menottés, pieds nus et le crâne rasé, ils furent exhibés en camion à travers la capitale.
Le jour même, à la prison de Fort-Dimanche, François Duvalier ordonna la mise à mort et composa le peloton d’exécution exclusivement de hauts gradés de l’état-major, amis ou parents des accusés. Le dictateur dirigea personnellement les commandements de feu en présence de membres du gouvernement et de la milice civile. Dans ce cadre, Max Dominique fut contraint de fusiller son propre cousin, Harry Tassy, tandis que Duvalier interdit formellement au major Franck Romain de donner le coup de grâce.
Les corps furent ensuite ensevelis dans une fosse commune. Par la suite, Max Dominique fut exilé comme ambassadeur à Paris sous la protection de son épouse Marie-Denise, tandis que leurs adversaires politiques furent écartés du pouvoir. Cet événement accentua la terreur d’État caractérisant cette dictature, bien que François Duvalier ait ultérieurement reconnu en privé l’innocence des dix-neuf officiers.

