Le Congrès de Panama s’ouvrit le 22 juin 1826 à l’initiative de Simón Bolívar pour ratifier un « Traité d’union, ligue et confédération perpétuelles » instaurant une sécurité collective continentale. Cependant, ce traité ne fut pas ratifié par tous les États signataires et n’entra jamais en vigueur.
Cet échec initial marqua le début d’une transition historique : l’idéal d’union solidaire hispano-américaine évolua progressivement vers un système de coopération continentale dominé par les États-Unis sous la doctrine Monroe, menant à la Première Conférence internationale des États américains à Washington en 1889, puis à l’institutionnalisation de l’Organisation des États américains (OEA) en 1948 lors de la conférence de Bogota.
L’exclusion d’Haïti de ce congrès résulta de motivations géopolitiques et de préjugés raciaux, malgré l’aide militaire, financière et matérielle décisive fournie par la République noire à Francisco de Miranda en 1805 et à Bolívar en 1816. Sous l’influence des États-Unis esclavagistes, le président John Quincy Adams et le secrétaire d’État Henry Clay instrumentalisèrent l’ordonnance française du 17 avril 1825 pour qualifier l’indépendance haïtienne de « fictive » et de « vasselage colonial », une mise à l’écart encouragée par la Colombie et le Pérou au détriment du Guatemala.
La fin de cet isolement diplomatique continental s’opéra de manière progressive au cours du XIXe siècle, portée par la reconnaissance officielle d’Haïti par les États-Unis le 5 juin 1862 sous Abraham Lincoln durant la guerre de Sécession, la normalisation des relations avec l’Amérique latine — dont le traité de paix de 1874 avec la République dominicaine —, et l’intégration finale d’Haïti comme membre fondateur du système interaméricain lors de la conférence de Washington en 1889.

