Un groupe de 161 ressortissants haïtiens expulsés des États-Unis est arrivé, ce jeudi, à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Cette opération intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine à l’égard des personnes en situation irrégulière. À leur descente d’avion, les rapatriés ont été pris en charge par les autorités haïtiennes, notamment l’Office national de la migration (ONM).
Selon les informations communiquées, chaque personne a reçu une enveloppe contenant 10 000 gourdes afin de couvrir certains besoins immédiats et de faciliter son retour dans sa communauté. Cette assistance ponctuelle soulève toutefois la question d’un accompagnement durable, alors que plusieurs rapatriés peuvent se retrouver sans ressources, sans logement stable ou sans possibilités immédiates de réinsertion professionnelle.
Les personnes concernées par cette opération ne présenteraient pas toutes le même profil migratoire ou judiciaire. Certaines auraient séjourné aux États-Unis sans statut légal, tandis que d’autres auraient fait l’objet d’une mesure d’expulsion à la suite de procédures judiciaires ou de condamnations. Selon les informations disponibles, il s’agirait du premier groupe expulsé des États-Unis à arriver au Cap-Haïtien depuis l’annonce de la fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé à certains ressortissants haïtiens.
Cette nouvelle arrivée ravive le débat sur la capacité de l’État haïtien à assurer la réintégration sociale et économique des personnes rapatriées. À la fin du mois de juillet, l’ONM avait déjà accueilli au Cap-Haïtien 61 ressortissants renvoyés des Bahamas, auxquels une aide de 10 000 gourdes avait également été accordée. Au-delà de l’assistance d’urgence, la multiplication de ces rapatriements appelle la mise en place de mécanismes structurés d’accueil, d’orientation psychosociale et de réinsertion.
Guyno DUVERNE

