Philippe Laraque, dit Toto, naît le 15 septembre 1953 à l’hôpital du Canapé-Vert, à Port-au-Prince. Il grandit dans une véritable dynastie musicale : son grand-père Alain Laraque était pianiste à Jérémie, son père Carl, mélomane, dirigeait les night-clubs « Rendez-vous des Hirondelles » au Bicentenaire et « MonteCarls » à Carrefour, où se produisaient Nemours Jean-Baptiste et Webert Sicot. Ses frères avaient fondé en 1962 le premier mini-jazz haïtien, Les Shelberts du Canapé-Vert.
Bassiste dans les Gypsies de Pétion-Ville, Toto joue à dix-sept ans à Coconut Villa en l’honneur de Pelé, venu en Haïti avec le Santos FC en 1971. Vrai amoureux de la guitare, il en possède aujourd’hui trente-quatre chez lui, comme dans un musée. En 1978, il fonde chez lui, à l’impasse Laraque à Lalue, le Caribbean Sextet avec Réginald Policard, Jean-Jean Laraque et Yvan Kanski, un groupe qui apporte une variante jazz au compas direct.
Auteur, compositeur, publiciste et producteur, il enregistre gratuitement dans son studio de Delmas 31 les premières chansons de plus de soixante artistes, parmi lesquels Émeline Michel, Michel Martelly, Boukman Eksperyans et Djakout Mizik. Il signe plus de trois cents spots publicitaires, participe à plus de cent albums et en produit une quinzaine en solo, dont les huit éditions de « Guitarement vôtre ». Ses tubes à connotations grivoises, « Chat Fifi », « Jolibois » et « Madougou », que ses collègues du Caribbean Sextet refusaient d’enregistrer, connaissent un succès retentissant.
Installé à Montréal à partir de 2000, il participe plus de quinze fois au Festival de jazz et joue treize ans au Casino de Montréal.

