Coup de tonnerre à Washington. En un message posté sur X, l’administration Trump a déclenché une onde de choc chez des milliers de résidents permanents d’origine étrangère — dont les Haïtiens — en annonçant la révision complète de toutes les Green Cards délivrées à des ressortissants de 19 pays jugés « à risque ». Une décision aussi soudaine que déstabilisante, aussitôt perçue comme un durcissement inédit de la politique migratoire américaine.
« Examen rigoureux, total, pour chaque détenteur de carte verte provenant d’un pays de préoccupation », a lancé le directeur de l’USCIS, Joe Edlow. Et dans cette liste noire présidentielle, dévoilée en juin, Haïti figure en plein milieu, aux côtés de pays comme l’Afghanistan, l’Iran, la Somalie, le Venezuela ou encore la République du Congo.
Le timing n’a rien d’un hasard. Moins de 24 heures après qu’un ressortissant afghan, Rahmanullah Lakanwal — ancien collaborateur du gouvernement américain en Afghanistan — a été identifié comme suspect dans la fusillade ayant coûté la vie à deux membres de la Garde nationale à Washington, la Maison-Blanche a appuyé sur l’accélérateur sécuritaire. Tous les dossiers d’immigration liés à des ressortissants afghans ont été gelés « jusqu’à nouvel ordre ». Plus encore : tous les cas d’asile approuvés sous Joe Biden seront réévalués.
Depuis son club de Mar-a-Lago, Trump a enfoncé le clou, accusant l’administration précédente d’avoir « ouvert les portes » à des « millions d’étrangers non vérifiés ». Puis, dans un ton alarmiste devenu sa signature, il a plaidé pour la révision systématique de chaque immigrant venu d’Afghanistan sous Biden — et de tout étranger « qui ne contribue pas à notre pays ».
Pour les Haïtiens vivant légalement aux États-Unis, cette annonce résonne comme un nouveau vertige. Après des années de politiques migratoires en dents de scie, l’idée que leur résidence permanente puisse être réexaminée alimente l’angoisse d’une communauté déjà éprouvée, souvent installée depuis longtemps, parfois avec enfants citoyens américains.
La manœuvre est lourde, radicale, et soulève de nombreuses questions : Quels critères ? Quelle durée ? Quels recours ? Pour l’heure, le gouvernement reste silencieux sur les détails. Mais une chose est sûre : l’Amérique de Trump vient d’ouvrir un nouveau front migratoire, plongeant des dizaines de milliers de familles — haïtiennes, afghanes, africaines et latino-américaines — dans une incertitude aussi politique qu’humaine.

