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#Dans la folie des réseaux: comment une rumeur italienne s’est transformée en théorie du complot
Samedi dernier, une fusillade a éclaté près d’un rassemblement de Donald Trump dans l’Ohio, faisant plusieurs blessés. Pourtant, quelques heures seulement après les faits, une rumeur invraisemblable circulait déjà en ligne, relayée par des comptes influents.
Avec peu d’informations officielles communiquées dans l’immédiat par les autorités, le vide informationnel a été rapidement exploité sur les réseaux sociaux. Sur des sites comme Gab et Telegram, connus pour héberger des théories du complot, des comptes anonymes ont commencé à désigner un «activiste antifa de renom», un certain Mark Violets, comme étant le tireur. Aucune preuve n’étayait ces allégations.
Pire, la personne visée n’était autre qu’un vidéaste italien du nom de Marco Violi, complètement étranger aux événements. Tout était parti d’une blague sur Gab identifiant à tort Violi, avant que des internautes ne relaient l’intoxe sans vérifier. Le compte d’un utilisateur rempli de vidéos de Violi a notamment été inondé de messages l’accusant du meurtre, le forçant à passer son profil en privé.
Sur des réseaux alternatifs, cette fausse information s’est rapidement propagée, appuyée par des comptes aux centaines de milliers d’abonnés habitués des théories complotistes. Des chaînes QAnon et pro-Trump sur Telegram l’ont diffusée à leur audience respective. Même Alex Jones, figure controversée de la désinformation, l’a reprise en direct sur sa chaîne.
Marco Violi a dû désavouer publiquement sur Instagram avoir un quelconque lien avec la fusillade, indiquant être en Italie au moment des faits. Pourtant, la machine était lancée: la rumeur s’était transformée en théorie du complot impliquant de hauts responsables américains. Cette affaire témoigne de la rapidité avec laquelle les fausses informations, une fois parties, peuvent polluer l’espace médiatique et être amplifier par des relais influents. Elle souligne aussi la nécessité pour les plateformes de lutter plus activement contre la désinformation.
Ben Goggin
Journaliste

