La lutte contre le VIH traverse « son revers le plus important depuis des décennies », avertit l’ONUSIDA. Présentant un rapport à Genève, sa directrice exécutive, Winnie Byanyima, a dénoncé mardi l’effondrement brutal de l’aide internationale, provoqué notamment par l’arrêt des financements américains depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. D’autres donateurs ont également réduit fortement leurs contributions, mettant sous tension tout l’écosystème mondial de prévention et de traitement.
Partout, les conséquences sont visibles : cliniques fermées, personnels de santé sans salaire, ruptures de kits de dépistage et de médicaments. Treize pays ont vu diminuer le nombre de patients débutant un traitement, tandis que les services de prévention — déjà fragiles — sont les plus touchés.
L’an dernier, 18,7 milliards US étaient disponibles pour la riposte, soit 17 % de moins que les besoins annuels estimés pour atteindre l’objectif d’éliminer le sida d’ici 2030. Résultat : 1,3 million de nouvelles infections ont été enregistrées, un chiffre identique à celui de l’année précédente et trois fois supérieur au seuil nécessaire pour espérer atteindre les objectifs onusiens.
Si les financements ne sont pas rétablis, prévient Mme Byanyima, le monde pourrait compter « 3,3 millions de nouvelles infections » d’ici 2030, compromettant des décennies de progrès malgré une baisse continue des décès liés au sida.

