Killer Mike a relancé le débat sur la dette morale envers Haïti lors d’un échange animé avec Bill Maher dans l’émission Real Time. Évoquant les lacunes du système éducatif américain, l’artiste a affirmé que ces faiblesses nourrissent l’ignorance historique, notamment sur le rôle des puissances occidentales dans la déstabilisation de pays comme la Libye et Haïti. Face à Maher, qui soulignait la nature répressive du régime libyen, Killer Mike a insisté sur la responsabilité américaine et française dans la chute de Kadhafi et les conséquences qui ont suivi.
Le rappeur a rappelé que Haïti, « puni depuis 1806 », demeure un symbole des représailles infligées aux nations qui osent défier l’ordre colonial. Il a affirmé que les États-Unis, bénéficiaires de la vente de la Louisiane rendue possible par la révolution haïtienne, ont une dette historique envers le pays. Maher a tenté de minimiser cet argument, estimant qu’il faut « aller de l’avant », mais Killer Mike a répliqué que les anciennes puissances coloniales doivent d’abord « réparer » avant de demander aux nations appauvries de progresser.
Cette position rejoint celle de plusieurs organisations internationales qui, en 2025, réclament des réparations pour l’indemnité imposée par la France au XIXᵉ siècle, un fardeau estimé à des centaines de millions de dollars et aux effets économiques toujours perceptibles.

