Delcy Rodríguez a officiellement pris ses fonctions de présidente par intérim du Venezuela mardi, dans un climat de tension extrême, quelques jours après la capture par les États-Unis du président Nicolás Maduro lors d’une opération militaire éclair. Cette intervention a coûté la vie à 55 membres des forces vénézuéliennes et cubaines, selon des bilans officiels.
Les autorités de Caracas ont confirmé la mort de 23 militaires vénézuéliens, dont cinq amiraux, tandis que Cuba a annoncé le décès de 32 membres de ses services de sécurité, engagés aux côtés du régime chaviste. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a accusé les forces américaines d’avoir exécuté les gardes du corps de M. Maduro « de sang-froid ». Washington affirme avoir mobilisé environ 200 soldats et 150 appareils.
L’ONU a mis en garde contre une violation grave du droit international. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a rappelé que le recours à la force contre l’intégrité territoriale d’un État constituait une atteinte aux principes fondamentaux de la Charte des Nations unies.
Ancienne vice-présidente depuis 2018, Delcy Rodríguez a prêté serment devant l’Assemblée nationale. Elle dirige un exécutif marqué par la continuité du chavisme, avec notamment Diosdado Cabello à l’Intérieur et Vladimir Padrino López à la Défense. Son mandat intérimaire est constitutionnellement limité à 90 jours, renouvelables une fois.
À Washington, le président Donald Trump a averti que Delcy Rodríguez « paierait plus cher que Maduro » si elle ne répondait pas aux exigences américaines, tout en écartant, à ce stade, l’organisation rapide d’élections. En toile de fond, l’avenir politique du Venezuela demeure incertain, sur fond d’instabilité interne et de pressions liées à ses vastes ressources pétrolières.

