Les forces armées américaines ont annoncé mardi que trois frappes menées lundi soir contre des embarcations suspectées de trafic de drogue ont fait 11 morts, deux dans l’océan Pacifique et une dans les Caraïbes. Les opérations ont été menées par le Commandement militaire des États-Unis pour l’Amérique latine et les Caraïbes (SOUTHCOM), qui a indiqué sur X que les navires ciblés se trouvaient sur des routes connues de narcotrafic.
Selon l’armée, quatre hommes ont été tués sur chacun des deux bateaux dans le Pacifique Est et trois sur l’embarcation visée dans les Caraïbes, sans qu’aucun militaire américain ne soit blessé. Avec ces nouvelles attaques, le nombre de personnes tuées dans le cadre de cette campagne militaire lancée en septembre atteint environ 140 à 145 victimes, selon différentes estimations.
Cette campagne, baptisée Operation Southern Spear, vise officiellement à affaiblir les cartels de la drogue responsables des flux illicites vers les États-Unis, notamment de fentanyl et de cocaïne. Toutefois, Washington n’a jamais publié de preuves concluantes reliant ces navires au trafic de stupéfiants, et l’usage de la force létale a suscité un débat international sur sa légalité. Des experts en droit international et des responsables de l’ONU ont qualifié certaines frappes d’exécutions extrajudiciaires et appelé à une enquête approfondie.
Les États-Unis justifient ces opérations par une désignation de certains groupes comme organisations terroristes désignées et affirment agir dans le cadre d’un conflit non international avec des réseaux criminels. Les critiques estiment que ces frappes maritimes sans procès ni preuve publique constituent une violation du droit international et soulignent le manque de transparence entourant les pourcentages de drogue effectivement saisis ou interceptés.

