Au cœur de la guerre qui secoue le Moyen-Orient, une menace silencieuse inquiète les experts : le ciblage des usines de dessalement, infrastructures vitales pour des millions d’habitants. Dans les pays du Golfe, où l’aridité est extrême, ces installations assurent l’essentiel de l’accès à l’eau potable.
Selon plusieurs spécialistes, la rhétorique guerrière récente, notamment entre Iran, États-Unis et Israël, fait craindre une escalade visant directement ces sites sensibles. Des frappes et accusations croisées ont déjà été rapportées, notamment au Koweït et à Bahreïn.
Dans la région, la dépendance est critique : jusqu’à 90 % de l’eau potable provient du dessalement au Koweït et à Bahreïn, et près de 99 % au Qatar. Une destruction massive de ces installations pourrait provoquer une crise humanitaire majeure.
Pour les juristes, viser ces infrastructures civiles violerait le droit international, sauf usage militaire avéré. Mais dans un conflit marqué par des logiques de pression asymétrique, ces cibles deviennent stratégiques.
Déjà fragilisée par les sécheresses, la région voit ainsi l’eau s’imposer comme un levier de guerre. Au-delà du pétrole, c’est désormais une ressource essentielle à la survie qui se retrouve en première ligne.

