Le chanteur Dieudonné Larose est décédé le 9 janvier 2026 à Laval, au Canada, des suites d’un cancer. L’artiste, âgé de 80 ans, laisse derrière lui une famille nombreuse de 25 enfants et 16 petits-enfants.
Sa carrière débute dans les années 1970 au sein de formations de quartier. Le Shoogar Combo marque son premier véritable tremplin professionnel. En 1986, il participe à l’album « Tou Lumin » avec le groupe DP Express, une collaboration qui assoit sa réputation en Haïti. À la fin des années 1980, il émigre au Canada et rejoint le Méridional de Montréal, une émanation du groupe des Cayes installée au Québec. Sous son impulsion, la formation devient Missile 727 et publie en 1989 son premier album, « Mission ».
L’apogée de sa carrière survient en 1991 avec l’album « Rassemble », qui propulse Missile 727 au sommet des palmarès. Ce disque inclut les titres cultes « Mandela » — hommage au leader sud-africain — et « Accident », des chansons alliant rythme konpa et thèmes sociaux. L’année suivante, le groupe confirme son succès avec « Démocratie ».
En quête d’indépendance, Larose quitte Missile 727 en 1992 pour fonder le Supersonic 747 et lancer l’album « Guantanamo », démontrant sa capacité à diriger et à produire ses propres arrangements. Après la dissolution définitive de Missile 727 en 2001, il entame une longue carrière solo, explorant des thèmes politiques et spirituels, tout en restant actif sur la scène internationale, notamment entre Montréal, Miami et Port-au-Prince.
Homme aux multiples passions, Larose considérait sa grande famille comme sa priorité absolue. En 2025, malgré une santé déjà fragile, il publie son testament musical, « Lakou Lakay », un ultime retour aux sources offert à ses fans avant que sa santé ne décline davantage.
Son œuvre, forte de plus de 30 albums, a marqué plusieurs générations par sa voix rauque et ses textes percutants. Il se distinguait par sa capacité à fusionner rythmes dansants et messages sociaux puissants, comme dans « Aksidan », hit planétaire, ou « Mandela », chanson qui lui a valu une reconnaissance internationale. Il devait d’ailleurs recevoir prochainement une distinction de la famille de Nelson Mandela pour cette œuvre emblématique.
Le gouvernement haïtien et les associations culturelles de la diaspora saluent aujourd’hui la disparition d’un pilier de la culture nationale. Haïti pleure un fils authentique. Si sa voix s’est éteinte au Canada, ses mélodies continueront de résonner dans les rues de Port-au-Prince et dans le cœur de la diaspora.

