Les agences des Nations Unies tirent la sonnette d’alarme face à l’explosion de contenus nuisibles générés ou amplifiés par l’intelligence artificielle, qui exposent davantage les enfants aux abus, à la manipulation et au harcèlement en ligne. Une déclaration conjointe publiée le 19 janvier appelle à des mesures urgentes pour adapter la protection de l’enfance à l’ère numérique.
Selon plusieurs organisations, l’IA facilite désormais des pratiques de plus en plus sophistiquées, allant de l’usurpation d’identité par trucages vidéo à l’analyse des comportements en ligne pour cibler les plus vulnérables. Des images falsifiées et des techniques de manipulation automatisées sont aussi utilisées pour intimider ou faire pression sur des mineurs.
Aux États-Unis, un institut indépendant a recensé une hausse spectaculaire des abus facilités par la technologie entre 2023 et 2024. Face à cette tendance, certains États durcissent leur législation. L’Australie a récemment interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, préparent des restrictions similaires.
L’ONU pointe aussi un déficit massif de formation : parents, enseignants et décideurs publics restent largement démunis face aux systèmes d’IA. Les entreprises technologiques sont appelées à concevoir des outils intégrant, dès l’origine, la protection des mineurs.
Pour les agences onusiennes, l’enjeu dépasse la cybersécurité. Il s’agit d’un problème de droits de l’enfant, dans un monde où l’exposition numérique commence de plus en plus tôt, sans cadre réellement adapté aux risques émergents.

