Le 17 avril 1825, le roi Charles X a signé à Paris une ordonnance reconnaissant l’indépendance d’Haïti. Cet acte a été imposé au président Jean-Pierre Boyer sous la menace d’un blocus naval par une escadre de quatorze navires de guerre. Le texte exigeait le versement d’une indemnité de 150 millions de francs-or, qualifiée de rançon, pour dédommager les anciens colons.
L’ordonnance stipulait également une réduction de 50 % des droits de douane pour les navires marchands français, créant un avantage commercial exclusif. En 1838, le solde de la dette a été réduit à 90 millions de francs. Pour effectuer ces paiements, l’État a contracté des emprunts auprès de banques françaises dès 1825. Bien que le capital ait été finalisé en 1883, le remboursement des intérêts et des dettes associées s’est poursuivi jusqu’en 1947.
En 2015, le président François Hollande a évoqué une dette de la France envers Haïti avant de limiter son propos à une dimension morale. Par la suite, le président Emmanuel Macron a institué une commission de recherche composée d’historiens français et haïtiens pour étudier les conséquences économiques de cette charge financière sur le développement du pays.

