Haïti a ouvert ses premières « maisons des femmes », des centres destinés à accueillir et accompagner les victimes de violences fondées sur le genre, dans un contexte marqué par une forte augmentation des violences sexuelles liées à l’expansion des gangs armés.
Ces structures ont été mises en place par le ministère haïtien chargé des droits des femmes avec l’appui d’ONU Femmes. Leur ouverture intervient alors que l’insécurité continue de s’étendre au-delà de la capitale, Port-au-Prince, provoquant le déplacement de près de 1,47 million de personnes, dont environ 790 000 femmes et filles.
Selon ONU Femmes, les violences sexuelles représentaient plus de 70 % des cas de violences fondées sur le genre signalés au cours du premier trimestre de 2026. Les Nations unies ont recensé 1 863 cas de violences sexuelles en 2025, contre 708 l’année précédente, soit une hausse de 163 %.
Parmi les victimes figurent principalement des femmes et des filles. Les agences onusiennes indiquent que le viol est fréquemment utilisé par des groupes armés pour intimider les populations et exercer un contrôle sur certains territoires.
Les femmes vivant dans les camps de déplacés internes comptent parmi les plus exposées. Une enquête menée par ONU Femmes dans 22 sites d’hébergement a relevé des cas de violences fondées sur le genre dans chacun d’eux. Le manque d’éclairage, l’absence de sanitaires sécurisés et la promiscuité sont cités parmi les facteurs aggravants.
La crise sécuritaire affecte également les services essentiels. Selon les données des Nations unies, plus de 1 600 écoles ont fermé et près de 40 % des établissements de santé de Port-au-Prince ne sont plus en mesure de fonctionner normalement.
L’ouverture de ces centres d’accueil constitue une nouvelle réponse institutionnelle à une crise humanitaire et sécuritaire qui continue de s’aggraver dans plusieurs régions du pays.

