Dans la nuit du 28 au 29 juillet 1958, huit hommes débarquent près de Montrouis, à bord d’un yacht venu de Floride. Le groupe est dirigé par le capitaine Alix « Sonson » Pasquet, ancien pilote de chasse formé chez les Tuskegee Airmen et exilé à Miami, accompagné des lieutenants Henri Perpignan et Philippe Dominique, ainsi que de cinq mercenaires américains, dont Arthur Payne, ancien adjoint de shérif en Floride. Leur plan repose sur l’effet de surprise : s’emparer des Casernes Dessalines, situées derrière le Palais National, puis rallier l’armée et la population contre le président installé dix mois plus tôt.
Les insurgés prennent les Casernes sans difficulté, surprennent les soldats endormis et font prisonniers les officiers. Pasquet exige par téléphone la démission de François Duvalier, qui prépare ses bagages et envisage l’asile dans une ambassade étrangère. Mais un soldat envoyé acheter des cigarettes à l’extérieur donne l’alerte et révèle que les assaillants ne sont que huit. Les Casernes sont encerclées. À l’aube du 29 juillet, la contre-offensive de l’armée et des partisans armés de Duvalier tue les huit hommes.
Deux jours plus tard, Duvalier fait proclamer l’état de siège pour six mois et suspend les garanties constitutionnelles. Il entame une purge de l’armée et retient le 29 juillet comme date symbolique de la création des Volontaires de la Sécurité nationale, plus connus sous le nom de Tontons Macoutes.

