Le gouvernement haïtien a adopté un budget rectificatif de 360,3 milliards de gourdes pour l’exercice fiscal 2025-2026, dans un contexte marqué par l’aggravation de l’insécurité, le ralentissement économique et les préparatifs électoraux.
Selon les autorités, cette révision budgétaire vise à renforcer les capacités de l’État face aux défis sécuritaires et à soutenir les investissements publics. Le nouveau cadre budgétaire représente une hausse de 4,3 % par rapport au budget initial.
Le gouvernement prévoit notamment une augmentation des dépenses consacrées à la sécurité, considérée comme une priorité alors que de vastes zones du pays demeurent sous l’influence de groupes armés. Les crédits destinés aux investissements publics progressent également, avec l’objectif affiché de financer des infrastructures et des projets de développement.
Cette révision intervient toutefois dans un environnement économique particulièrement fragile. Les prévisions officielles tablent désormais sur une contraction de l’économie de 1,9 %, contre une légère croissance anticipée lors de l’élaboration du budget initial. La baisse de l’activité économique, les déplacements de populations liés à la violence et les perturbations du commerce continuent d’affecter les finances publiques.
Pour plusieurs économistes, l’enjeu principal réside moins dans le montant du budget que dans sa capacité d’exécution. Les budgets précédents ont souvent souffert de retards dans la mise en œuvre des projets et d’un faible taux de réalisation des investissements.
Alors que les autorités promettent une amélioration de la sécurité et une relance progressive de l’économie, de nombreux citoyens attendent surtout des résultats concrets sur le terrain, notamment une réduction de la violence, une meilleure accessibilité aux services publics et une stabilisation du coût de la vie.
L’efficacité de ce budget sera ainsi évaluée à l’aune de son impact réel sur le quotidien d’une population confrontée à l’une des crises les plus profondes de son histoire récente.

