Georges Anglade naît le 18 juillet 1944 à Port-au-Prince. Après une licence en droit et un diplôme de sciences sociales obtenus en 1965 à la Faculté de droit, il quitte Haïti pour fuir la dictature des Duvalier et prépare un doctorat en géographie appliquée à l’Université de Strasbourg. En 1969, il s’installe à Montréal et participe à la fondation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il enseigne la géographie sociale pendant plus de trente ans, jusqu’en 2002. Ses recherches et cartographies redéfinissent l’étude du territoire et des migrations haïtiennes. Il publie notamment L’Espace haïtien (1974) et Mon pays d’Haïti (1995).
Toute sa vie, il combat les régimes autoritaires. Depuis le Québec, il fonde en 1980 le Mouvement haïtien de solidarité pour promouvoir les valeurs démocratiques. Il intègre brièvement le gouvernement haïtien en tant que ministre des Travaux publics en 1995, avant d’agir comme conseiller politique stratégique auprès du président René Préval. C’est à l’âge de 55 ans qu’il entame sa troisième carrière, celle d’homme de lettres, se consacrant au lodyans et publiant notamment Les Blancs de mémoire (1999). Il fonde le centre PEN Haïti.
Georges Anglade et son épouse Mireille Neptune Anglade meurent le 12 janvier 2010, ensevelis sous les décombres de leur maison à Port-au-Prince lors du séisme. Leur fille, Dominique Anglade, a repris le flambeau de l’engagement public en devenant une femme d’affaires reconnue et une figure politique majeure au Québec, ancienne vice-première ministre et cheffe du Parti libéral du Québec.

