Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a rendu public, le 18 juillet 2026, son rapport annuel couvrant la période de janvier 2025 à juillet 2026. Intitulé « Impunité, corruption, criminalité et recyclage institutionnel », ce document dresse un tableau particulièrement préoccupant de la gouvernance en Haïti. Le réseau y soutient que la crise nationale s’est aggravée sous l’effet combiné de l’insécurité, de la corruption, de la criminalité organisée et d’une impunité persistante, tout en appelant les autorités à restaurer l’État de droit.
Le rapport passe en revue plusieurs dossiers impliquant d’anciens hauts responsables de l’État et des institutions publiques. Le RHAJAC estime que de nombreuses enquêtes liées à des soupçons de corruption, de détournement de fonds publics, de blanchiment d’argent ou encore de liens présumés avec des réseaux criminels connaissent des blocages judiciaires ou des lenteurs qui, selon l’organisation, fragilisent la lutte contre l’impunité. Le document évoque également la montée de la violence des groupes armés, les violations des droits humains ainsi que les difficultés des institutions judiciaires et de contrôle à faire aboutir certains dossiers sensibles.
Au chapitre des recommandations, le RHAJAC appelle les autorités haïtiennes à renforcer l’indépendance de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), à poursuivre les enquêtes sur les principaux dossiers de corruption, à améliorer le contrôle des finances publiques et à appliquer les sanctions internationales déjà adoptées contre certaines personnalités et organisations visées. L’organisation recommande également un renforcement des capacités des institutions judiciaires, une meilleure coopération internationale et des mesures plus fermes contre le financement des gangs armés.
En conclusion, le RHAJAC affirme que la restauration de l’État de droit constitue une condition essentielle au redressement du pays. Le réseau estime que les réponses institutionnelles doivent désormais dépasser le stade des déclarations pour déboucher sur des actions judiciaires concrètes, capables de lutter efficacement contre l’impunité, la corruption et la criminalité organisée. Selon ses auteurs, l’engagement des pouvoirs publics, du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), de la société civile et de la communauté internationale demeure indispensable pour rétablir la confiance dans les institutions haïtiennes.
Guyno DUVERNE

