Vilbrun Guillaume Sam, cousin du président Tirésias Simon Sam, accède au pouvoir par un coup d’État en mars 1915. Confronté à la révolte menée par Rosalvo Bobo, il fait arrêter quelque deux cents opposants politiques issus des élites de la capitale. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, sur son ordre, le général Charles Oscar Étienne fait exécuter 167 d’entre eux, dont l’ancien président Oreste Zamor, au Pénitencier national, fusillés ou abattus par machette dans la cour de la prison ou dans leurs cellules. Le président Sam se réfugie à la légation de France.
Le matin du 28 juillet, une foule en fureur force l’enceinte de la légation. Soixante-dix jeunes hommes escaladent le mur, fouillent chaque pièce et découvrent finalement le président caché dans une chambre à coucher. Traîné dans la cour malgré ses supplications devant sa femme et ses enfants, il est jeté par-dessus le mur d’entrée. La foule le déchiquète, lui tranche la tête et traîne son torse mutilé dans les rues au bout d’une corde. La veille, Charles Oscar Étienne subit un sort identique, arraché du consulat dominicain.
Dans l’après-midi du 28 juillet 1915, le contre-amiral William B. Caperton fait débarquer 330 Marines du navire de guerre USS Washington à Bizoton. Les troupes prennent rapidement position dans Port-au-Prince. Ce débarquement n’est pas le premier : le 17 décembre 1914, des Marines avaient déjà emporté les réserves d’or de la Banque nationale, et le 1er juillet 1915, des soldats avaient débarqué au Cap-Haïtien. Le 28 juillet marque le début officiel de la première occupation américaine d’Haïti, qui durera dix-neuf ans.

