Fondée en février 1957, l’Union nationale des maîtres de l’enseignement secondaire (UNMES) est un syndicat dirigé par Marcel Gilbert, directeur du Lycée Pétion. Elle coordonne son action avec l’Union nationale des instituteurs haïtiens (UNIH), réclamant une fédération des enseignants et une éducation de qualité.
Le gouvernement de François Duvalier multiplie les offensives : le décret du 21 janvier 1959 prélève 20 % sur les salaires des professeurs ; les dirigeants sont convoqués au Palais national pour solliciter leur allégeance. En avril 1959, cinquante et un des cinquante-trois professeurs du Lycée Pétion font grève après l’arrestation de Marcel Gilbert. Le journal Œdipe mène campagne, accusant les syndicalistes d’être communistes.
Le 12 août 1959, le ministre de l’Éducation nationale, le révérend père Jean-Baptiste Georges, procède, sous l’autorité de Duvalier, à la dissolution de l’UNMES. La mesure entraîne l’incarcération et la révocation des dirigeants.
Quatre jours plus tard, le père Étienne Grienenberger, secrétaire général, est expulsé. Rameau et Ambroise sont emprisonnés à Fort-Dimanche, Claude Moïse gagne le Canada, Michel Hector s’exile au Brésil, en France, en Algérie, à Cuba puis au Mexique, et Gilbert quitte Haïti en 1965. Cette dissolution illustre la stratégie duvaliériste visant à briser tout contre-pouvoir et à contrôler le système éducatif.

