Dans la nuit du 12 au 13 août 1959, sept mois après la victoire des « Barbudos » de la Sierra Maestra, une expédition armée d’une trentaine d’hommes débarque dans la région des Irois, dans la Grand’Anse.
Le commando, composé majoritairement de Cubains et de quelques exilés haïtiens, est dirigé par le major Henry Fuertes, dit « El Argelino », présenté comme algérien et marié à une cousine de Louis Déjoie, que la rumeur désigne comme le bailleur de fonds de l’opération. Fuertes est le seul à parler créole.
Le plan consiste à gagner les montagnes du massif de la Hotte, à y organiser une guérilla, à soulever la population contre François Duvalier et à rallier des membres de l’armée. Mais le groupe, trop peu nombreux, mal ravitaillé et privé de soutien populaire, affronte un terrain montagneux difficile.
Les combats durent dix jours. Fuertes et vingt-cinq de ses hommes sont tués ; quatre jeunes Cubains, capturés vivants, sont conduits à Port-au-Prince pour interrogatoire. Les opérations sont dirigées par le secrétaire présidentiel Clément Barbot, Duvalier étant alité à la suite de sa crise cardiaque de mai 1959.
Duvalier exploite cette invasion pour renforcer la sécurité nationale et réorganiser ses forces. L’épisode s’inscrit dans une série de tentatives armées lancées de l’étranger, dont l’expédition de Jeune Haïti en 1964.

