Après la proclamation de l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804 aux Gonaïves, Jean-Jacques Dessalines porte le titre de « gouverneur général à vie », avec les pleins pouvoirs. Ce titre est cependant jugé insuffisant : selon l’historien Thomas Madiou, il « suppose un pouvoir secondaire dépendant d’une autorité étrangère » et ne reflète pas les aspirations de la jeune nation.
Le 2 septembre 1804, l’état-major de l’armée et la quatrième demi-brigade proclament Dessalines empereur d’Haïti sous le nom de Jacques Ier. Trois motivations principales sous-tendent cet acte. D’abord, effacer les structures administratives héritées de la France coloniale et affirmer une souveraineté pleine et entière.
Ensuite, unifier les pouvoirs politique et militaire autour du libérateur, face à la menace persistante d’un retour de l’expédition française. Enfin, répliquer symboliquement à Napoléon Bonaparte, proclamé empereur des Français en mai 1804 : la jeune nation haïtienne élève son chef au même rang pour affirmer son égalité et son indépendance absolue.
Le couronnement officiel a lieu le 8 octobre 1804 au Cap-Haïtien, où Dessalines est sacré « Sa Majesté Jacques Premier, Empereur d’Haïti » par Jean-Baptiste-Joseph Brelle, qu’il vient de nommer grand-archevêque d’Haïti. La Constitution impériale sera promulguée le 20 mai 1805.

