Donald Trump devient le premier président américain à prendre ses fonctions avec plusieurs affaires criminelles en cours. Son élection comme 47e président des États-Unis le place dans une situation juridique inédite, où l’immunité présidentielle pourrait le protéger de poursuites pendant son mandat.
En mai dernier, Trump a été reconnu coupable de 34 chefs d’accusation de falsification de documents commerciaux à New York, concernant des paiements occultes à une actrice de films pour adultes. Bien que le juge Juan Merchan ait reporté la sentence au 26 novembre, l’ancien procureur fédéral Julie Rendelman estime peu probable une peine de prison, d’autant plus que l’immunité présidentielle pourrait désormais bloquer la procédure.
Protection présidentielle étendue
Les autres dossiers judiciaires connaissent un sort similaire. L’affaire du 6 janvier, menée par le procureur spécial Jack Smith concernant la tentative présumée de renversement de l’élection de 2020, est dans l’impasse depuis que la Cour suprême a accordé à Trump une immunité partielle. Selon l’ancien procureur Neama Rahmani, ces poursuites « s’envolent » avec son élection.
Le dossier des documents classifiés, également supervisé par Smith, devrait connaître le même sort. Le ministère de la Justice abandonnera probablement son appel contre la décision du juge Aileen Cannon, qui avait rejeté les accusations en juillet.
En Géorgie, où Trump est poursuivi pour tentative de manipulation électorale, l’affaire devrait être suspendue. Selon son avocat Steve Sadow, le procès ne pourra pas avoir lieu pendant son mandat, en vertu de la « clause de suprématie ».
Cette situation juridique complexe s’inscrit dans un contexte politique transformé. Contrairement à 2016, Trump remporte cette fois le vote populaire, renforçant sa légitimité. « L’Amérique nous a donné un mandat sans précédent », a-t-il déclaré lors de son discours de victoire à West Palm Beach, en Floride.
Kamala concède sa défaite
Le président sortant Joe Biden a appelé Trump pour le féliciter et « exprimer son engagement à assurer une transition en douceur », selon la Maison Blanche. Une rencontre entre les deux hommes est prévue. La vice-présidente Kamala Harris a également échangé avec Trump, évoquant « l’importance d’unifier le pays », malgré leurs différends passés.
Alors que deux États, l’Arizona et le Nevada, finalisent encore leur décompte, Trump prépare déjà son retour à la Maison Blanche. Cette fois-ci, il arrive avec l’expérience du pouvoir mais aussi avec une équipe différente. Sa fille Ivanka Trump et son gendre Jared Kushner se sont éloignés de la politique, remplacés par de nouveaux alliés comme Elon Musk et Robert F. Kennedy Jr., pressentis pour des postes importants.
Cette victoire présidentielle offre ainsi à Trump un bouclier temporaire contre ses problèmes judiciaires, créant une situation sans précédent dans l’histoire américaine où un président en exercice échappe à des poursuites criminelles grâce à son immunité. La durée de son mandat déterminera combien de temps ces affaires resteront en suspens.

