La réélection de Donald Trump est perçue comme une excellente nouvelle par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les liens entre la Maison-Blanche et l’État hébreu se sont en effet considérablement renforcés sous le premier mandat Trump, avec notamment la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël et un soutien appuyé à la politique de colonisation dans les territoires palestiniens occupés. Ce positionnement résolument pro-israélien devrait perdurer, voire s’accentuer, avec un second mandat du milliardaire républicain.
Netanyahou, qui entretient des relations étroites avec Trump depuis de nombreuses années, peut légitimement espérer profiter de cette proximité pour poursuivre sa politique de colonisation et d’annexion de facto de la Cisjordanie. Le lobby pro-israélien, très puissant au sein du Parti républicain, devrait également continuer à exercer une influence majeure sur la politique moyen-orientale de l’administration Trump. Dans ce contexte, les perspectives d’un règlement négocié du conflit israélo-palestinien semblent s’éloigner davantage.
Vers une confrontation avec l’Iran ?
La politique de « pression maximale » menée par l’administration Trump à l’encontre de l’Iran a largement contribué à exacerber les tensions dans l’ensemble de la région. Le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et les lourdes sanctions économiques imposées depuis à Téhéran ont fragilisé la stabilité régionale. Cette ligne dure devrait se poursuivre, voire se durcir, sous un second mandat Trump, malgré les appels au dialogue lancés par certains alliés européens.
Le risque d’une confrontation ouverte entre Washington et Téhéran ne peut être exclu, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour l’ensemble de la région. L’Iran, qui a vu son influence s’accroître ces dernières années dans des pays comme l’Irak, la Syrie ou le Liban, pourrait être tenté de réagir de manière plus agressive face à la pression américaine. Un engrenage militaire serait alors difficilement évitable, avec des répercussions majeures pour les populations civiles.
Allié historique des États-Unis dans la région, le royaume saoudien a vu ses relations avec Washington se renforcer sous la présidence Trump. Le milliardaire américain s’est en effet positionné comme un fervent défenseur du régime des Al-Saoud, notamment dans le conflit qui l’oppose à l’Iran et à ses alliés dans la région. Ce soutien inconditionnel devrait perdurer, voire s’intensifier, avec la réélection de Trump, malgré les vives critiques sur les graves violations des droits humains en Arabie saoudite.
Riyad peut ainsi compter sur le backing de l’administration Trump pour poursuivre son intervention militaire au Yémen, où la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Le royaume saoudien devrait également bénéficier d’un soutien indéfectible de Washington dans ses tensions avec le Qatar et la Turquie, deux autres acteurs majeurs de la région. Cette politique de « l’ami de mon ennemi est mon ami » risque cependant d’aggraver les fractures et les conflits qui traversent le Moyen-Orient.
Quid de la question palestinienne ?
La question palestinienne a pris une place de plus en plus marginale dans la politique étrangère américaine sous l’ère Trump. Le « Deal du siècle » proposé par l’administration Trump en 2020, très favorable aux positions israéliennes, a été catégoriquement rejeté par les dirigeants palestiniens. Avec un second mandat, Trump pourrait être tenté de s’engager davantage sur ce dossier sensible, mais il est peu probable qu’il adopte une posture plus équilibrée et impartiale.
Au contraire, le président américain pourrait être tenté de franchir un nouveau cap en reconnaissant l’annexion de facto par Israël de pans entiers de la Cisjordanie. Une telle décision serait un véritable coup de grâce pour les espoirs d’un règlement négocié du conflit israélo-palestinien et plongerait la région dans une nouvelle phase de tensions et de violences. Les souffrances endurées par le peuple palestinien risquent malheureusement de s’aggraver sous un second mandat Trump.
Au-delà des considérations géopolitiques, c’est surtout le sort des populations civiles qui est en jeu dans cette région en proie à de multiples conflits. Les décisions de politique étrangère de l’administration Trump auront un impact direct sur la vie des Palestiniens, des Libanais, des Irakiens, des Syriens ou encore des Iraniens. La poursuite d’une approche unilatérale, interventionniste et pro-israélienne risque malheureusement d’aggraver les souffrances des populations déjà éprouvées par des années de guerre, d’instabilité et de crises humanitaires.

