À Tegucigalpa, le verdict est tombé après trois semaines de tensions et de soupçons : le conservateur Nasry Asfura a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle hondurienne. Soutenu ouvertement par Donald Trump, l’homme d’affaires de 67 ans s’impose de justesse avec 40,1 % des voix, devançant Salvador Nasralla et la candidate de la gauche au pouvoir, Rixi Moncada. Une victoire étriquée, mais lourde de symboles, qui marque le retour de la droite à la tête du pays.
Ancien maire de la capitale et figure du BTP, « Tito » Asfura promet un redressement économique et un afflux d’investissements étrangers. À Washington, la réaction n’a pas tardé : Marco Rubio a salué une victoire « claire », appelant au respect des résultats et à une coopération renforcée sur la sécurité et la migration. Les États-Unis, premier partenaire commercial du Honduras, pèsent d’autant plus que les envois de fonds des Honduriens expatriés représentent près d’un tiers du PIB.
Mais le scrutin laisse un goût amer. Interruptions du dépouillement, accusations de fraude, dénonciations d’ingérence américaine : l’élection a creusé les fractures. Si l’OEA et l’Union européenne n’ont relevé aucune irrégularité majeure, l’opposition parle de « vol ». Asfura devra désormais gouverner un pays polarisé, miné par les gangs et le narcotrafic, sous le regard attentif d’une région latino-américaine elle-même en plein basculement politique.

