Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a donné le coup d’envoi, mercredi à Pétion-Ville, des Assises nationales de la refondation du système éducatif haïtien, placées sous le thème « Pour une éducation transformatrice ». Pendant trois jours, autorités, éducateurs, syndicats, parents, universités, secteur privé, diaspora et partenaires internationaux planchent sur une école en crise, appelée à se réinventer.
L’objectif est clair : poser sans détour les problèmes structurels du système et déboucher sur des orientations stratégiques concrètes. Au cœur des priorités figurent la création du Haut Conseil national de l’Éducation, la restauration de la gouvernance scolaire, l’amélioration du climat d’apprentissage et la lutte contre l’échec et le décrochage.
Dans le message du Premier ministre, transmis par son directeur de cabinet, Me Axène Joseph, le gouvernement reconnaît une crise systémique marquée par la faiblesse de la formation des enseignants, la fragilité institutionnelle et la persistance de l’échec massif. L’exécutif promet d’allouer 4 % du PIB à l’éducation, jugeant la refondation « non négociable ».
Le ministre Augustin Antoine, saluant la mobilisation des acteurs, voit dans ces assises un moment décisif pour rétablir la crédibilité de l’école et garantir la réussite de tous. Des voix, dont celle de l’ex-ministre Pierre Buteau et de l’UNESCO, appellent toutefois à intégrer les réalités sécuritaires, urbaines et numériques dans les solutions. Entre diagnostic lucide et attentes pressantes, l’école haïtienne joue une nouvelle fois son avenir.

