Caracas amorce un virage historique. Le Parlement vénézuélien a adopté en première lecture un projet de loi autorisant l’exploitation pétrolière entièrement privée, rompant avec des décennies de contrôle étatique ou de partenariats dominés par l’État. Une réforme stratégique, alors que le pays cherche à relancer une production plombée par des années de mauvaise gestion et de corruption.
Jusqu’ici, seules des entreprises mixtes permettaient une participation étrangère, avec majorité publique obligatoire. Désormais, des sociétés privées domiciliées au Venezuela pourront exploiter directement les gisements via des contrats. Objectif affiché : augmenter rapidement la production, aujourd’hui autour de 1,2 million de barils par jour, loin des plus de 3 millions du début des années 2000.
Cette ouverture coïncide avec un réchauffement diplomatique prudent avec Washington, qui manifeste un intérêt renouvelé pour les immenses réserves vénézuéliennes. Le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez multiplie les signaux d’apaisement, tandis que les États-Unis ont nommé une nouvelle chargée d’affaires pour relancer le dialogue.
Pour les autorités, la souveraineté ne se limite plus à la propriété des ressources, mais à leur capacité à produire de la richesse utile à la population. Les critiques, eux, redoutent une privatisation précipitée sans garanties suffisantes de transparence.
Si la seconde lecture confirme le texte, le Venezuela pourrait entrer dans une nouvelle ère énergétique, où l’urgence économique prime désormais sur l’orthodoxie idéologique. Reste à savoir si cette libéralisation rapide attirera vraiment les investissements, ou si l’instabilité politique continuera de freiner la relance.

