À l’occasion de la journée internationale des Droits de l’enfant, le BUNADDEF dénonce l’incompétence de l’État haïtien à mettre fin aux violences des gangs armés sur les enfants.
Le Bureau National de la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme (BUNADDEF), dans sa mission de promouvoir les droits humains et la démocratie en Haïti, surtout de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des enfants et des femmes, victimes des abus de droit, a observé avec tristesse la délinquance juvénile, et l’augmentation de la violence des gangs armés sur les enfants et les femmes en Haïti, et BUNADDEF présente ses sympathies aux familles victimes.
BUNADDEF critique et condamne avec la plus grande fermeté le comportement indolent de l’État haïtien qui refuse de résoudre définitivement le problème de l’insécurité dans le pays. La montée avec une croissance vertigineuse du phénomène de l’insécurité et de criminalité dans le pays ne peut être passée sous silence. Cette situation semble une préoccupation quotidienne pour tous les citadins haïtiens, les secteurs de la vie nationale, et les structures organisationnelles de la société civile, tels que: le secteur privé des affaires, le secteur universitaire, et le secteur religieux. D’ailleurs, selon les données statistiques: en 2024, on comptait environ 500 000 déplacés en raison du phénomène de l’insécurité à Port-au-Prince, puis des milliers de cas d’assassinats chaque semestre par les bandits, des centaines de cas de kidnapping. En 2025, le nombre des déplacés s’augmente à environ 1 300 000 personnes à Port-au-Prince, ayant laissé leur maison pour s’abriter sous des tentes. Ce marasme sociopolitique est marqué : par la prolifération des gangs armés opérant à l’échelle des quartiers en se donnant en spectacle dans les rues et à travers les réseaux sociaux, et l’insolvabilité des victimes des affrontements entre les « gangs » à payer le luxe d’un logement dans un endroit plus au moins sécurisé.
Quant aux acteurs humanitaires, ils tirent la sonnette d’alarme sur le faible niveau d’accès aux services et soins de santé à Port-au-Prince, seules 20 % des structures de santé fonctionne. Pour l’année 2025, les droits des enfants sont violés, certains ont été tués par bal. D’après l’ONU (OCHA), 1 463 945 enfants sont désormais en besoins de protection, leur avenir est menacé. Et, selon un rapport de l’UNICEF, plus de 1 700 écoles ont fermé leurs portes dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite entre juillet 2023 à juillet 2025. De son côté, le MENFP dénombrait plus de 500 000 enfants privés de leurs droit à l’éducation, car chaque école fermée est un espace d’apprentissage et de protection qui disparait pour les enfants. De plus, des enfants séparés de leurs parents comptent parmi les plus vulnérables, pour l’année 2025, on a identifié plus de 1 113 enfants qui sont séparés de leurs parents au sein des sites de déplacés.
En effet, BUNADDEF rappelle que la Journée internationale des droits de l’enfant célébrée le 20 Novembre, reste une date importante pour les enfants. Car, elle consacre aux enfants leurs droits: à la vie, à la santé, à l’éducation, de jouer, de vivre avec leurs parents, d’être protégés de la violence et de la discrimination.
En somme, BUNADDEF demande à l’État haïtien de prendre en considération les réclamations pertinentes et constitutionnelles des droits de l’enfant, garantis tant par la Constitution haïtienne de 1987 (Articles 32-1, 32-2) sur l’éducation des enfants comme charge de l’État, l’article 261 de la Constitution qui fait obligation à l’État haïtien d’assurer la protection intégrale de tous les enfants, les droits à la sécurité et à la vie sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis par l’État haïtien selon l’article 19 de la Constitution Haïtienne de 1987, et l’article 3 de la Convention relative aux droits des enfants qu’il a ratifié en 1994 reconnait que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être primordial. En conséquence, l’État doit prendre des mesures pour résoudre définitivement l’insécurité qui affecte le bien-être des enfants en Haïti. BUNADDEF espère que l’État haïtien assumera ses responsabilités à partir de cette note sollicitant des changements.
Shelove BELY, Av.
Coordonnateur Général

