Le 14 juin 1957, un coup d’État militaire mit brutalement fin à la présidence provisoire de Daniel Fignolé, installé seulement 19 jours plus tôt, le 25 mai 1957. Professeur de mathématiques et fondateur du « Mouvement Ouvrier Paysan » (MOP), Fignolé disposait d’une immense ferveur populaire surnommée le « woulo konpresè », particulièrement active dans les quartiers défavorisés de la capitale comme le Bel-Air.
Son orientation progressiste et sa décision de doubler le salaire minimum des ouvriers inquiétèrent l’état-major de l’armée et les élites traditionnelles.
Dans la nuit du 14 juin, le chef de l’armée, le général Antonio Kébreau, orchestra son arrestation surprise au Palais national. Contraint de signer sa démission, le « Leader chéri » fut immédiatement expulsé par avion vers l’exil aux États-Unis. Kébreau prit le contrôle exécutif en installant un Conseil Militaire de Gouvernement.
Dès le lendemain, les soulèvements des partisans de Fignolé furent réprimés à l’arme automatique par les forces militaires, entraînant des centaines de morts civils au Bel-Air. Cette purge brisa le mouvement syndical et ouvrit la voie à l’élection de François Duvalier le 22 septembre 1957.


