Les principaux acteurs du secteur privé haïtien ont lancé une nouvelle mise en garde contre l’aggravation de l’insécurité, estimant que la violence des gangs menace désormais directement la survie de l’économie nationale et le processus de transition politique.
Dans une note publiée fin avril, l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) a dénoncé « l’aggravation critique » des attaques armées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, l’Artibonite et le Centre. L’organisation affirme que de nombreuses entreprises réduisent leurs activités ou envisagent des fermetures en raison des enlèvements, des pillages et des difficultés d’approvisionnement.
« Sans un retour rapide à la sécurité, toute tentative de redressement économique ou de processus électoral est vouée à l’échec », avertit l’ADIH, appelant les autorités à des « mesures concrètes » pour reprendre le contrôle des zones dominées par les groupes armés.
Selon des estimations relayées par les Nations unies, près de 90% de Port-au-Prince restent sous l’influence de gangs armés, tandis que plus d’un million de personnes ont été déplacées par les violences.
La paralysie des axes routiers, l’insécurité autour du port et des infrastructures stratégiques ainsi que les perturbations du commerce aggravent la crise économique dans le pays le plus pauvre des Amériques. Plusieurs entrepreneurs craignent désormais un effondrement prolongé de l’activité formelle.

