La crise entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et la Primature a franchi un nouveau seuil mercredi avec l’interdiction faite à Uder Antoine, nommé la veille directeur général de l’institution par le gouvernement, d’accéder aux locaux du CEP.
Dans une résolution datée du 3 juin 2026 et signée par huit des neuf membres du Conseil, l’institution électorale a adopté une « mesure conservatoire » interdisant à M. Antoine de pénétrer dans ses bureaux « jusqu’à nouvel ordre ». Le document souligne que l’intéressé avait été recruté comme directeur exécutif du CEP le 14 avril dernier et que son nom circulait récemment dans les médias comme directeur général choisi par le gouvernement.
Cette décision intervient au lendemain d’une note officielle dans laquelle le CEP accusait la Primature d’avoir modifié unilatéralement le projet de décret électoral de 2026. L’organisme avait alors dénoncé une démarche « inconstitutionnelle » et réaffirmé son autonomie institutionnelle.
L’interdiction visant Uder Antoine marque une nouvelle escalade des tensions entre l’organe chargé de l’organisation des élections et l’Exécutif. À moins de deux ans des prochaines consultations électorales annoncées par les autorités de transition, cet affrontement public soulève des interrogations sur la gouvernance du processus électoral et les relations entre les principales institutions de l’État.
Ni la Primature ni Uder Antoine n’avaient réagi officiellement dans l’immédiat.

