La mort d’un étudiant haïtien de 20 ans dans l’Ohio, après l’imposition par les services américains de l’immigration d’un bracelet électronique, suscite de nouvelles critiques sur les conséquences du durcissement des mesures visant les migrants.
Pierre Damas Bel, étudiant à Wright State University et ancien joueur de soccer universitaire, est décédé le 31 août à Springfield, selon la police de l’État de l’Ohio. Sa famille estime que la pression liée à son statut migratoire et au port du dispositif de surveillance a contribué à sa détresse.
Arrivé aux États-Unis en 2024 avec ses parents et ses deux frères, le jeune homme avait bénéficié d’une procédure lui permettant de rester dans le pays pendant l’examen de sa situation. Il faisait partie des quelque 300.000 Haïtiens concernés par la fin du statut de protection temporaire (TPS), mesure dont les effets ont été renforcés après une décision de la Cour suprême.
Le 29 juillet, les services de l’immigration (ICE) l’avaient placé dans un programme de surveillance présenté comme une alternative à la détention. Le jeune homme avait ensuite fait part publiquement de son malaise face au bracelet électronique, qu’il disait vivre comme une humiliation.
Des proches et des défenseurs de la communauté haïtienne ont dénoncé les conséquences humaines de la politique migratoire américaine. Le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, a qualifié la mort du jeune homme de « terrible tragédie » et appelé à s’interroger sur les méthodes employées dans les procédures d’expulsion.
L’ICE a indiqué ne pas vouloir spéculer sur les causes du décès alors qu’une enquête est en cours. À Springfield, où vivent quelque 12.000 Haïtiens, la fin du TPS a alimenté les inquiétudes et les demandes d’assistance juridique.

