Le déplacement annoncé du Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé au Vatican et à Rome, prévu du 8 au 11 mai, suscite de vives réactions en Haïti, alors que le pays fait face à une nouvelle flambée de violences armées.
Selon la Primature, cette mission diplomatique doit permettre de renforcer les relations entre Haïti, le Saint-Siège et plusieurs partenaires internationaux autour des questions humanitaires, sécuritaires et de stabilité politique. Des rencontres avec des responsables religieux et diplomatiques sont également prévues.
Mais l’annonce intervient dans un contexte explosif. Dans l’Artibonite, des groupes armés affiliés au gang « Gran Grif » ont attaqué et partiellement détruit le commissariat de Marchand-Dessalines, accentuant la pression sur les forces de sécurité. Plusieurs habitants dénoncent l’abandon des zones contrôlées par les gangs.
Sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias haïtiens, des critiques accusent le chef du gouvernement d’être déconnecté des priorités du pays. Certains observateurs s’interrogent sur les retombées concrètes de cette tournée diplomatique alors que les violences, les déplacements forcés et la paralysie économique s’aggravent.
Le gouvernement défend toutefois une mission destinée à mobiliser davantage de soutien international pour Haïti, dans un contexte où les autorités peinent toujours à reprendre le contrôle de larges portions du territoire national.

