Le 8 août 1912, vers trois heures et demie du matin, une violente explosion détruit le Palais national. Le président Cincinnatus Leconte, arrivé au pouvoir un an et un jour plus tôt, périt dans la catastrophe, aux côtés de près de deux cents à trois cents soldats de la garde présidentielle. L’édifice, en bois et maçonnerie, est réduit en cendres en quelques secondes. La déflagration réveille toute la capitale : des canons de petit calibre, des fragments de fer et d’obus sont projetés à de longues distances, endommageant les toitures des bâtiments voisins.
L’origine du drame reste débattue. La thèse officielle attribue l’explosion à un allumage accidentel des stocks de munitions et de poudre entreposés dans les sous-sols du Palais. La thèse criminelle, soutenue par de nombreux historiens et contemporains, y voit un attentat fomenté par des opposants politiques hostiles aux réformes de Leconte et à sa lutte contre la contrebande.
Le jour même, Tancrède Auguste est désigné pour succéder à Leconte. Son gouvernement lance un concours d’architecture, dont le règlement paraît au Moniteur du 30 octobre 1912. Le troisième Palais national, conçu par l’architecte haïtien Georges Baussan, est édifié à partir de 1914.

