Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mardi une résolution transformant la Mission multinationale de sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya depuis 2023, en une force antigangs renforcée pour tenter d’endiguer la spirale de violence en Haïti.
Cette nouvelle mission, d’une durée initiale d’un an, pourra mobiliser jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, policiers mais aussi militaires, contrairement à la MMAS qui ne comptait qu’un millier d’agents sur les 2 500 prévus. Elle bénéficiera du soutien logistique et financier d’un bureau des Nations unies, afin de disposer des moyens nécessaires pour agir de façon proactive contre les gangs.
La résolution, portée par les États-Unis et le Panama, a été adoptée par 12 voix contre 3 abstentions (Chine, Russie, Pakistan). Elle vise notamment à réduire le territoire contrôlé par les bandes armées, responsables de meurtres, viols, enlèvements et déplacements massifs. Plus d’un million de personnes ont déjà été contraintes à l’exil interne, selon le Conseil présidentiel haïtien.
Le président kényan William Ruto, dont le pays continuera de diriger la mission, a assuré que « la sécurité d’Haïti peut être rétablie » avec des ressources adéquates. De son côté, le représentant du Panama a souligné, au nom de 50 pays, que cette force plus robuste constitue une étape décisive pour ramener la paix dans un pays « asphyxié par des gangs sans pitié ».
Haïti, privé d’élections depuis 2016 et dirigé par un Conseil présidentiel de transition, reste confronté à une crise sécuritaire sans précédent, aggravée depuis la démission forcée de l’ancien premier ministre Ariel Henry en 2024.

