Le ransomware LockBit, considéré comme le plus dangereux au monde, a été sérieusement touché par une opération policière internationale coordonnée. Le groupe de hackers russophone, actif depuis 2019, aurait perçu environ 91 millions de dollars de rançons. L’opération Cronos a été menée par 11 pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, et la France.
Le site principal de LockBit a été mis hors ligne, sous le contrôle de la National Crime Agency (NCA) britannique en collaboration avec Europol, le FBI américain, et d’autres agences internationales. Deux membres du groupe ont été arrêtés en Pologne et en Ukraine, en réponse à des mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités françaises et américaines.
LockBit, spécialisé dans les attaques par ransomware, ciblait les infrastructures critiques et les grandes entreprises industrielles. Les autorités affirment avoir gelé plus de 200 portefeuilles de cryptomonnaies liés à LockBit et fermé 14 000 comptes «non autorisés».
Menaces sur le système bancaire haïtien

Malgré le démantèlement du site principal, des experts mettent en garde contre la possibilité de voir émerger de nouveaux sites subsidiaires. LockBit a été responsable de 27 % des demandes de rançons en France en 2022 et 2023. Les forces de l’ordre soulignent que même si le site principal est hors ligne, les opérations de ransomware de LockBit pourraient persister.
L’opération a permis de récupérer une grande quantité de données, et des outils de déchiffrement ont été mis à disposition pour aider les victimes à restaurer leurs données corrompues. Europol précise que cette opération a sérieusement endommagé la capacité et la crédibilité de LockBit. Cependant, la menace persiste avec la possibilité de réapparition rapide ou l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène cybercriminelle.
En 2023, des problèmes techniques ont paralysé partiellement les opérations bancaires en Haïti, affectant la Banque Centrale, notamment les transferts interbancaires (SPIH) et le réseau Pronap. Des rumeurs de cyberattaque et de vol de 40 millions de dollars ont circulé.

