L’ambassadeur Henry T. Wooster, chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, a détaillé mercredi la nouvelle approche américaine face à l’escalade de la violence. « Nous ne pouvons pas laisser l’anarchie l’emporter sur l’État », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse organisée par le New York Foreign Press Center.
Les États-Unis ont récemment classé deux puissants groupes criminels, Viv Ansanm et Gran Grif, comme organisations terroristes étrangères. Une décision qui illustre la gravité d’un phénomène qualifié de mélange de terrorisme, d’insurrection politique et de criminalité organisée.
Washington plaide au Conseil de sécurité pour une refonte du dispositif onusien : création de l’UN Support Office for Haiti (UNSO), chargé de la logistique, et transformation de la mission actuelle en une Gang Suppression Force. Objectif : renforcer les effectifs, de 1 000 à 5 500 hommes, afin de mener des opérations offensives aux côtés de la Police nationale d’Haïti.
Les États-Unis, déjà engagés à hauteur de plus d’un milliard de dollars, demandent désormais un financement partagé via les contributions obligatoires de l’ONU. « Nous ne nous retirons pas, mais il est temps que la communauté internationale assume collectivement ce fardeau », a souligné Wooster.
Il a salué le rôle central du Kenya, qui fournit 75 % des troupes, et exhorté la CARICOM, l’OEA et les États de l’hémisphère à apporter un soutien accru. Parallèlement, Washington insiste sur la nécessité pour Haïti d’organiser rapidement des élections crédibles, tout en réaffirmant que toute réforme constitutionnelle reste une décision souveraine des Haïtiens.
Pour les États-Unis, la lutte contre les gangs constitue un enjeu existentiel pour l’avenir de l’État haïtien.

