Alors que les passages à la frontière américano-mexicaine atteignent un creux historique (du jamais-vu en plus de 50 ans), des milliers de migrants, dont un grand nombre d’Haïtiens, restent coincés au sud du Mexique, dans la ville de Tapachula.
Située à la frontière du Guatemala, cette ville est devenue un point névralgique de la politique migratoire mexicaine, qui vise à éloigner les demandeurs d’asile de la frontière avec les États-Unis.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, près de 80 000 demandes d’asile devraient être déposées en 2025. En cinq ans, plus de 500 000 étrangers ont sollicité la protection du Mexique, un contraste marqué avec les quelques milliers enregistrées il y a dix ans.
De nombreux Haïtiens, comme Islande, Fabienne ou Réginald, tentent d’y survivre en vendant fruits ou bouteilles d’eau, souvent sans revenu stable. Le traitement des demandes s’étire sur neuf à douze mois, période durant laquelle les migrants ne peuvent quitter l’État du Chiapas.
Malgré un programme d’intégration soutenu par l’ONU ayant permis à 50 000 migrants d’accéder à un emploi depuis 2016, les ressources demeurent limitées. Tapachula, autrefois simple lieu de passage, s’impose désormais comme une destination contrainte pour des milliers d’Haïtiens en quête de sécurité et de dignité.


