Pierre-Eustache Daniel Fignolé naît le 11 novembre 1913 à Pestel, dans la Grand’Anse, au sein d’une famille pauvre. Il s’installe à Port-au-Prince en 1927, à quatorze ans, où, malgré une santé fragile, il excelle dans ses études. Diplômé de l’École de droit et de l’École normale supérieure, il devient professeur de mathématiques au lycée Alexandre-Pétion et enseigne dans plusieurs établissements de la capitale, où il acquiert une réputation de pédagogue rigoureux et proche des élèves modestes.
Parallèlement, il s’engage dans le mouvement syndical et organise les travailleurs urbains de Port-au-Prince. En 1942, il cofonde le journal Chantiers. En 1946, il fonde le Mouvement ouvrier paysan (MOP), qui deviendra le plus puissant mouvement populaire de la capitale. Si populaire qu’il peut les mobiliser en masse, il dispose d’une force de manifestation surnommée « woulo konpresè » (rouleau compresseur). La même année, il est brièvement ministre de l’Éducation nationale et de la Santé publique sous Dumarsais Estimé, avant d’être emprisonné sous la présidence de Paul Magloire.
Le 25 mai 1957, Fignolé est désigné président provisoire par les autres candidats. Après dix-neuf jours, le 14 juin 1957, le général Antonio Kébreau met fin à sa présidence, l’exile aux États-Unis et réprime violemment ses partisans, favorisant l’ascension de son rival François Duvalier. Après vingt-neuf ans d’exil, Fignolé rentre en Haïti en 1986, après la chute de Jean-Claude Duvalier. Il meurt à Port-au-Prince le 27 août 1986.

