René Depestre naît le 29 août 1924 à Jacmel. Orphelin de père en 1936, il fait ses études secondaires au lycée Pétion de Port-au-Prince, où il publie à dix-neuf ans son premier recueil, « Étincelles » (1945). Il fonde alors, avec Jacques Stephen Alexis, Théodore Baker et Gérald Bloncourt, l’hebdomadaire La Ruche, dont l’interdiction déclenche le mouvement révolutionnaire de janvier 1946 qui renverse le président Élie Lescot.
Contraint à l’exil, Depestre étudie à la Sorbonne, participe aux mouvements de décolonisation et connaît une longue errance à travers Prague, le Chili, l’Argentine, le Brésil et Cuba. En 1956, il participe à Paris au premier Congrès des écrivains et artistes noirs et publie « Minerai noir ». De retour en Haïti en 1958, il dénonce le régime de François Duvalier, subit une résidence surveillée, puis rejoint Cuba en 1959, où il soutient la révolution castriste pendant près de vingt ans avant de rompre avec le régime et de s’installer en France.
Auteur d’« Alléluia pour une femme-jardin » (prix Goncourt de la nouvelle 1982) et de « Hadriana dans tous mes rêves » (prix Renaudot 1988), lauréat du Grand prix de poésie de l’Académie française en 1998, il est l’un des derniers grands écrivains de sa génération.

